On ne se lassera pas de rappeler l’étymologie du mot « traduire » : du latin traducere, il signifie « conduire d’un point à un autre », « faire passer ». La figure du passeur reste une métaphore vivante du traducteur, et le travail de la traduction consiste dans ce passage mobile, ce va-et-vient constant entre deux/des textes, deux/des langues, deux/des cultures, deux/des contextes sociaux. La traduction est aussi, et surtout, par définition, l’accomplissement d’un acte social, car elle implique un positionnement, une vision, un engagement ; elle ouvre des portes, traverse des frontières, établit des contacts, met en commun une œuvre, des idées, du savoir, etc.

La traduction, en tant qu’elle s’inscrit dans un contexte qui est à la fois subjectif et individuel, mais aussi socio-historique et politique, n’est jamais une opération neutre : c’est un acte de société, qui implique des acteurs différents, le traducteur, l’éditeur, mais aussi le lecteur. Objet intellectuel et littéraire élaboré à une époque et dans un contexte donné, la traduction est aussi ce texte qui révèle les environnements socio-culturels auxquelles elle se réfère : non seulement celui de l’œuvre originale, mais également celui du traducteur, de son lecteur et de toute la chaine éditoriale qui la produit. La mise en œuvre de mécanismes de médiation, adaptation, réception et distribution qui sont propre à chaque contexte joue un rôle fondamental dans ce processus de production.

Dans les contextes asiatiques que nous privilégions dans ce programme, la traduction est intimement liée à la notion de modernité. Le projet se limite volontairement à l’« époque moderne », sans précision de dates, puisque la question de la définition de la modernité dans les divers contextes asiatiques reste une problématique complexe et cruciale, qui défie toute datation unilatérale. Ce projet de recherche vise à faire émerger de nombreuses thématiques autour du rôle social de la traduction, et à y répondre par des réflexions sur des problématiques communes à la Chine, au Tibet, au Japon, mais aussi dans des pays limitrophes tels que les Corées, le Vietnam et la Mongolie :

  • Inscription du social dans le texte traduit et dans la pratique de la traduction ;
  • Portraits de traducteurs d’influence (leur rôle politique, social, littéraire et linguistique) ;
  • Traduction entre engagement et désengagement politique et littéraire ;
  • Traduction entre censeurs et censurés ;
  • Traduction et propagande ;
  • Traduction entre producteurs et consommateurs d’objets de traduction ;
  • Traduction en réseaux et sur réseaux.

Activités scientifiques

Ce projet s’inscrit également dans l’axe de recherche « traduction et transdisciplinarité » du Centre d’études de la traduction (CET) de l’Université de Paris. Dans sa phase préparatoire, le projet a donné lieu, en novembre 2018, à un colloque international intitulé « Traduire, un engagement politique ? », ainsi qu’une journée d’études 15 mars 2019 (traducteur et engagement politique – zoom sur l’Asie orientale), un ouvrage est en préparation.

  1. Cycle de conférences mensuelles/bimensuelles : inviter des conférenciers spécialistes de certains aspects de nos thématiques de l’aire culturelle de l’Asie orientale et de la Haute Asie (Tibet, Chine, Vietnam, Mongolie, Corées, Japon).
  1. Atelier sur des thèmes cités ci-dessus, colloque international et publication (une partie en ligne, une partie en publication classique).

Enregistrements des séminaires

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Inscription disciplinaire

étude de la traduction littérature transdisciplinarité transferts culturels

Participants

Responsables

Florence Xiangyun Zhang (Université de Paris)
Lara Maconi (Inalco)

Membres CRCAO

Membres titulaires
Florence Xiangyun Zhang (Université de Paris)
Rainier Lanselle (École Pratique des Hautes Études)
Annick Horiuchi (Université de Paris)
Cécile Sakai (Université de Paris)

Membres associés
Gérald Peloux (CY Cergy Paris Université)
Lara Maconi (Inalco)