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Villes, mobilités, environnements en Asie intérieure
Pôle Études mongoles
À partir d’une approche pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales (anthropologie, sociologie, géographie, histoire, études urbaines, architecture, aménagement, etc.) fondée sur les enquêtes ethnographiques de terrain de ses membres ainsi que sur l’exploitation de divers corpus écrits, visuels et de culture matérielle, le programme « Villes, mobilités, environnement », analyse certains des grands enjeux sociaux liés aux mobilités et à l’environnement auxquels font face les différentes sociétés de l’aire culturelle mongole. Les diverses formes urbaines, les migrations vers les villes, les rapports à l’État et à l’environnement, l’insertion des communautés pastorales dans des réseaux mondialisés ou encore l’aménagement des espaces constituent autant d’études de cas nécessaires à la compréhension de l’histoire des peuples mongols sur la longue durée et jusqu’aux devenirs contemporains.
Le programme est organisé en trois sous-programmes :
1/ Systèmes nomades et anthropocène
Le nomadisme est un sujet classique des études mongoles, au prisme duquel l’histoire, les cosmologies ou les devenirs socio-économiques des sociétés pastorales de la steppe peuvent être saisis. Adossé à l’élevage extensif des « cinq museaux » (moutons, chèvres, bovins, chevaux et chameaux), le pastoralisme mobile mongol a constitué l’un des sites privilégiés de l’ethnographie des relations humains-animaux et des formes de coopération inter-espèces qui sous-tendent les communautés hybrides à travers le monde. La variabilité des formes de mobilité adoptées par les peuples mongols dans l’espace et le temps empêche toute conception d’un nomadisme homogène et immuable. Mais force est cependant de constater que certains problèmes humains se posent de façon spécifique pour les pasteurs nomades du plateau mongol
Ainsi, la crise climatique (sécheresse, désertification, incendies, inondations) touche de plein fouet les éleveurs de toutes les régions de l’aire mongole, provoquant des mouvements de migration interne et des stratégies d’adaptation qui demandent à être précisément décrits. Par ailleurs, si l’exode rural et l’urbanisation progressent aujourd’hui, en Mongolie comme en Mongolie-Intérieure et chez les Bouriates de Russie, à un rythme inédit dans l’histoire de ces populations pastorales, les villes sont partie prenante du système nomade mongol depuis toujours (voir sous-programme 3).
Au cœur de la question du rapport entre mobilité et urbanité se trouve le problème du rapport à l’État des peuples nomades qui, malgré les formes spécifiques d’étatisme qu’ils ont développées au cours de leur histoire, se sont parfois retrouvés sous la domination de puissances sédentaires ou embarqués dans des idéologies de progrès qui envisageaient le mode de vie nomade comme un fait du passé. À cet égard, la situation de la Mongolie-Intérieure, soumise à des politiques culturelles et de modernisation autoritaires, semble assez caractéristique. Mais les politiques de « modernisation » pastorales socialistes engagées par la République populaire de Mongolie tout au long du xxe siècle, suivies des thérapies de choc inspirées du consensus de Washington après la chute du bloc soviétique et les crises économiques et sociales qui en ont résulté, constituent encore des études de cas importantes pour la compréhension des devenirs « modernes » des sociétés pastorales.
2/ Glocalisation, aménagement, environnement
Il serait probablement impossible de décrire le nomadisme mongol aujourd’hui sans prendre en compte l’insertion des communautés pastorales dans des réseaux mondialisés, qui donnent à chaque problème local une portée globale. Outre les circuits de production et de commercialisation de matières premières prisées comme la laine cachemire, l’économie minière devient évidemment un fait social total dans la Mongolie contemporaine, affectant tous les secteurs de la société et en premier lieu les éleveurs, partagés entre inquiétude de l’impact écologique de l’exploitation des rivières et du sous-sol, et attractivité des opportunités économiques de l’extractivisme.
Les controverses autour de l’aménagement des espaces et de la propriété de la terre, de la conservation des espèces à la gestion des déchets en passant par la préservation d’une culture nomade patrimonialisée, engagent des acteurs (éleveurs, État, Organisations internationales, ONG, touristes, etc.) dont la diversité et les interactions tant locales que globales demandent à être comprises.
Enfin, les usages d’internet des peuples mongols sont riches et variés. Dans les villes comme dans les villages et sous les yourtes des éleveurs, tout le monde est en permanence connecté. Les peuples mongols utilisent de nombreux réseaux sociaux, par lesquels ils accèdent aux actualités locales et internationales, ils construisent et consolident des groupes mondialisés et intercommunautaires, ils échangent des informations, des biens et des services, ils organisent des manifestation publiques, culturelles ou politiques, qui donnent tout son sens à la notion de glocalisation.
3/ Villes mongoles
Alors que l’urbanisation des peuples mongols a souvent été envisagée comme le symptôme d’une « fin du nomadisme », les formes urbaines (ordo mobiles médiévaux, villes murées ou non, occupées toute l’année ou temporairement, monastères-villes, garnisons, bourgs, etc.) ont toujours été partie prenante du système nomade mongol. Or, les spécificités de l’urbanisme et de l’urbanité des populations du plateau mongol restent un point aveugle de notre domaine, plus volontiers attentif aux composantes les plus rurales et ruralistes des systèmes nomades. L’objectif de cet axe est de repenser la ville et les urbanités au prisme des transformations et adaptations qui ont caractérisé les espaces urbains de l’aire culturelle mongole à travers l’histoire, jusqu’à aujourd’hui. Pour la période contemporaine, la ville sera envisagée dans son acception la plus large (petites et moyennes villes) et au-delà des normes et hiérarchies urbaines imposées par les instances étatiques mongole et chinoise. On s’intéressera, entre autres, à la façon dont les nouvelles formes d’urbanité et les mobilités entre milieux rural et urbain et au sein de l’espace citadin façonnent certaines pratiques économiques et sociales quotidiennes.
Activités
Séminaire bi-mensuel des études mongoles, organisé par Laurent Legrain, Aurore Dumont & Éléa Bonnec –hybride (toutes approches disciplinaires confondues) : https://etudesmongolesetsiberiennes.fr/seminaires/.
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Inscription disciplinaire
aménagement anthropologie architecture environnement études urbaines géographie mobilités pastoralisme nomade
Participants
Responsables
Grégory Delaplace
(École Pratique des Hautes Études)
Aurore Dumont
(Université Paris Cité)
Charlotte Marchina
(Inalco)
Membres CRCAO
Membres titulaires
Grégory Delaplace
(École Pratique des Hautes Études)
Aurore Dumont
(Université Paris Cité)
Isabelle Charleux
(CNRS)
Membres associés
Anna Dupuy
(Université de Bordeaux)
Gaëlle Lacaze
(Sorbonne Université)
Charlotte Marchina
(Inalco)
Post-doctorants
Simon Berger
(Inalco)
Veronica Gruca
(Université d'Édimbourg)
Doctorants
Amgalan Sukhbaatar
(École Pratique des Hautes Études)
Participants hors laboratoire
Charlotte Marchina
(Inalco)
Éléa Boennec
(Sorbonne université)
Marie Favereau
(IFEAC et Université Paris-Nanterre)
Jeanne Riaudel
(Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
