Après la fin de l’empire tibétain (IXe s.), le soutien centralisé au bouddhisme que la famille royale et les élites nobiliaires avaient apporté, et qui avait été déterminant pour la diffusion de la religion sur le plateau tibétain, cessa. Une nouvelle période débuta, marquée par des luttes politiques et des conflits sociaux. Ceux-ci aboutirent à la fragmentation du domaine entre des territoires contrôlés par des familles puissantes et à un intérêt renouvelé de ces élites politiques pour le bouddhisme. Au cours de cette époque troublée (que l’historiographie tibétaine décrit comme un « âge sombre » suivi d’une « transmission ultérieure » du bouddhisme au Tibet), le paysage religieux tibétain fut radicalement transformé. Des écritures tantriques nouvelles, adossées à des pratiques et des traditions exégétiques, mais aussi des traités et systèmes philosophiques furent introduits au Tibet depuis l’Asie du Sud. Ces échanges s’accomplirent le long de routes transhimalayennes dont le nœud principal était la vallée de Katmandou, où des traditions bouddhistes tantriques locales se développaient également. Dans le même temps, les liens entre les communautés religieuses du plateau tibétain et celles d’Asie centrale demeuraient forts. En particulier, du XIe au XIIIe siècle l’empire tangoute (appelé XiXia en chinois) était solidement établi à l’ouest du plateau, contrôlant également une partie du corridor de Hexi. Cet état cosmopolite devint un centre florissant d’échanges religieux au carrefour des sphères d’influence tibétaine, chinoise (Song) et liao (empire Khitan).

Bien que les dynamiques religieuses de cette période, allant de la fin de l’Empire à la conquête mongole (vers 800-1240 de notre ère), aient déterminé l’avenir du bouddhisme tibétain, elles demeurent encore peu étudiées. Le présent projet de recherche vise à mieux comprendre les réseaux et les nœuds d’échange, les dynamiques religieuses et les développements institutionnels durant cette période de formation du bouddhisme tibétain, à travers trois axes principaux : (1) les communautés et les lignées religieuses, les différentes formulations et organisations des enseignements, et les développements institutionnels au cours de la « transmission ultérieure du bouddhisme au Tibet » (phyi dar) ; (2) le rôle de la vallée de Katmandou et des routes commerciales transhimalayennes dans les échanges religieux entre le plateau tibétain et le sous-continent indien ; (3) les relations avec l’état tangoute, principalement sur la base des sources en langue tibétaine retrouvées dans le domaine de l’ancien territoire de XiXia.

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Inscription disciplinaire

études bouddhiques Études tibétaines

Participants

Responsable

Marta Sernesi (École Pratique des Hautes Études)

Membres CRCAO

Membres titulaires
Marta Sernesi (École Pratique des Hautes Études)

Membres associés
Emanuela Garatti (Ruhr-Universität Bochum)
Alexander V. Zorin (Université hébraïque de Jérusalem)

Participants hors laboratoire

Volker Caumanns (Université de Leipzig)
Cécile Ducher (IFRAO)