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Les mouvements citoyens dans la construction du patrimoine et de l’archéologie au Japon (fin XIXe – début XXIe siècle)

07 mai 2026 - Soutenance de thèse

Myriam Akian vous invite à la soutenance de sa thèse intitulée « Les mouvements citoyens dans la construction du patrimoine et de l’archéologie au Japon (fin XIXe – début XXIe siècle) ». La soutenance se déroulera le jeudi 7 mai 2026 à 9h dans la Salle des thèses du Bâtiment Olympe de Gouges de l’Université Paris Cité, 8 Place Paul Ricœur (au bout de la rue Albert Einstein) – 75013 Paris.
Le jury sera composé de :
– Sophie HOUDART, Directrice de recherche, CNRS, Université Paris Nanterre – Rapporteuse
– Arnaud NANTA, Directeur de recherche, CNRS, ENS-Lyon – Rapporteur
– Alice BERTHON, Maîtresse de conférences, Université Grenoble Alpes – Examinatrice
– Yannick BRUNETON, Professeur des universités et Directeur d’études, Université Paris Cité et EPHE – Examinateur
– Christophe MARQUET, Directeur d’études, EFEO – Examinateur
– Nathan SCHLANGER, Directeur d’études, École des Chartes – Examinateur
– Annick HORIUCHI, Professeure des universités émérite, Université Paris Cité – Directrice de thèse
– Laurent NESPOULOUS, Professeur des universités, INALCO – Co-directeur de thèse

Résumé de la thèse :

Mouvements citoyens aux formes et aux revendications variées visant la protection et l’étude des sites archéologiques, les mouvements archéologiques et patrimoniaux apparaissent de manière éparse à la fin du XIXe siècle au Japon, se démultiplient après la Seconde Guerre mondiale et continuent à se constituer en nombre plus limité. Tout au long de la période, de nombreux archéologues prennent part et mènent activement l’organisation de ces mouvements. Bien que ponctuels et spécifiques à un site, par leur nombre, leur variété, les interrogations et enjeux qu’ils soulèvent, les transformations qu’ils induisent et la diffusion des préoccupations patrimoniales dont ils émergent et à laquelle ils participent, ils incarnent un volet important de l’histoire de l’archéologie et du patrimoine au Japon.

Pourtant, l’historiographie, sans ignorer complètement cette question, a beaucoup fait l’impasse sur cette histoire sociale de l’archéologie et du patrimoine, la traitant comme un à-côté distinct de l’histoire de la discipline. Les quelques publications s’intéressant aux mouvements archéologiques et patrimoniaux les abordent sous l’angle de l’histoire événementielle décontextualisée, sans analyse interne de ceux-ci ni de la notion de patrimoine. Leurs compositions, discours, pratiques ou causes d’engagement nous apprennent, pourtant, beaucoup sur les évolutions et la diffusion des conceptions et préoccupations patrimoniales. La présente étude vise donc à réintégrer au sein de l’histoire de l’archéologie et du patrimoine ce que nous arguons être un élément central et moteur de son histoire.

Afin de s’adapter à cet objet d’étude complexe, nous avons fait le choix dans ce travail d’adopter une perspective pluridisciplinaire mobilisant l’histoire de l’archéologie, la sociologie des mouvements sociaux et l’anthropologie de la mémoire. À partir d’un corpus de sources issues des mobilisations (publications, comptes-rendus de mouvement, témoignages, films, photographies, etc.), et d’analyses quantitatives et qualitatives de revues archéologiques, de la presse japonaise et de rapports ministériels, ce travail propose une histoire analytique des mouvements archéologiques et patrimoniaux, articulée à celle de l’archéologie et du patrimoine. Fondée sur une double approche — transversale et par études de cas — elle s’organise autour de l’analyse de mouvements significatifs permettant de sonder et de comprendre les dynamiques communes de l’archéologie et du patrimoine et le rôle moteur dans la construction de ceux-ci des mouvements citoyens. L’analyse de la composition des mouvements, de leur contexte d’émergence, de leurs cadres interprétatifs et de leur répertoire d’action met en lumière la présence de réseaux d’archéologues engagés jouant un rôle central dans la structuration et la pérennisation des mobilisations. Elle explore les mécanismes de diffusion en jeu et les liens de ces mouvements avec les autres mouvements sociaux pour tenter de cerner les dynamiques plus larges desquelles ils naissent. Elle sonde le rôle discret mais déterminant des questions mémorielles dans l’engagement des acteurs et éclaire celui des entrepreneurs de mobilisation dans l’essor des mouvements.

L’analyse des mouvements, de leurs acteurs, dynamiques, pratiques et discours, réintégrée dans l’histoire de la discipline, met en évidence le rôle central de ces mouvements dans l’histoire tant conceptuelle qu’organisationnelle et institutionnelle de l’archéologie et du patrimoine. Les mouvements archéologiques et patrimoniaux se révèlent être des moments-moteurs décisifs de la construction des cadres et missions de l’archéologie japonaise mais aussi de la notion de patrimoine archéologique, notion qu’ils participent en outre à diffuser dans la société.

Mots clés : Histoire de l’archéologie, Mouvements citoyens, Patrimoine, Japon contemporain, Tsukinowa, Mukibanda, Protection, Valorisation, Patrimonialisation, Sites archéologiques

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