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Soutenance de thèse de Maxime Ferbus

06 décembre 2025 - Soutenance de thèse

La tradition textuelle du Duduan 獨斷 de Cai Yong 蔡邕 (132/133-192)

M. Maxime FERBUS

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

« La tradition textuelle du Duduan 獨斷 de Cai Yong 蔡邕 (132/133-192) »

Dirigés par Mme Marianne BUJARD

Le samedi 6 décembre 2025 à 14h

au 17 rue de la Sorbonne, escalier E, 1er étage, en salle Jules Delamarre (D059)

Devant un jury composé de

M. Wolfgang BEHR (professeur, Université de Zürich)

Mme Marianne BUJARD (directrice d’études, EPHE)

Mme Karine CHEMLA (directrice de recherche émérite, CNRS)

M. Jean-Pierre DRÈGE (directeur d’études émérite, EPHE

M. Stéphane FEUILLAS (professeur, Université Paris-Cité)

Mme Béatrice L’HARIDON (professeure, Université de Genève)

Résumé des travaux

Cette étude est consacrée au Duduan 獨斷 de Cai Yong 蔡邕 (132/133-192), un ensemble de descriptions des institutions, des usages et de la culture matérielle des Han (cérémonies, sacrifices, documents administratifs, culte ancestral, hiérarchie nobiliaire, langage honorifique, chars et habits). Ce texte allusif et décousu a attiré l’attention des lettrés depuis la dynastie Song, mais les études sur sa tradition et les deux éditions critiques qui en ont été données (l’une par Lu Wenchao 盧文弨 en 1790, l’autre par les membres du séminaire Dokudan de l’université Waseda, entre 1981 et 1987) ont laissé en suspens l’essentiel des difficultés.

On propose la première étude philologique approfondie de ce texte déroutant. Elle se divise en quatre parties.

Dans la première, on expose les éléments nécessaires à la compréhension du contexte de composition du Duduan, d’après la biographie de Cai Yong dans le Hou Han shu 後漢書 et les textes conservés dans les éditions successives du Cai zhonglang ji 蔡中郎集 ; c’est l’occasion de souligner la proximité entre la matière du Duduan et les « dix monographies » (shi yi 十意) que Cai Yong comptait adjoindre au Dongguan Han ji 東觀漢記, mais n’eut sans doute jamais l’occasion d’achever. On nuance les hypothèses existantes sur la datation du texte, puis on rattache ses sources, identifiées par la recension des passages parallèles, aux œuvres en partie perdues d’un petit groupe de lettrés du début des Han orientaux, engagés dans une enquête au long cours sur le cérémonial de Shusun Tong 叔孫通.

La deuxième partie est consacrée à l’étude de la tradition directe. On commence par présenter les quinze témoins employés pour la collation, dont deux — les plus anciens — n’avaient jamais été pris en compte et renouvellent entièrement l’étude de la tradition. On accorde une attention particulière à l’histoire des congshu 叢書 dont ces témoins sont tirés et à l’identification des éditeurs qui les ont transmis, notamment sous les Ming. La généalogie des témoins directs est reconstituée d’après la méthode stemmatique, dont les principes sont rappelés dans une annexe.

La troisième partie est consacrée à l’étude de la tradition indirecte. Après un rappel des précautions indispensables à cette étape de la recherche, on étudie les citations du Duduan dans les commentaires et les leishu 類書 médiévaux afin d’amender l’archétype des témoins directs. Ces citations révèlent l’instabilité profonde de la recension médiévale et autorisent quelques hypothèses sur la recomposition du texte avant les Song.

La quatrième partie présente une traduction annotée du Duduan, la première dans une langue occidentale, sur le texte établi à la fin de la deuxième partie et au cours de la troisième. On s’efforce de rapprocher les descriptions du Duduan de leurs correspondantes dans la littérature transmise des Han et des premiers siècles du Moyen Âge, sans pour autant corriger les premières d’après les secondes ; elles sont également confrontées, lorsque le cas s’y prête, aux documents exhumés, à l’épigraphie et aux découvertes archéologiques.

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