JIA Bingwei, doctorante de l’Université Paris Cité, soutiendra sa thèse de doctorat réalisée sous la direction de Stéphane Feuillas.
Titre de la thèse: Wang Anshi 王安石 (1021-1086), un éducateur au XIe siècle.
Date et lieu: lundi 16 juin 2025 à partir de 10h, salle des thèses (salle 105), bâtiment Olympe de Gouges sur le campus de l’Université Paris Cité, Place Paul Ricoeur, 75013 Paris.
Résumé:
Wang Anshi (1021-1086), lettré et homme d’État éminent des Song du Nord (960-1127), a opéré, lors de sa réforme générale, une série de changements relatifs aux écoles et aux modalités de sélection en vue du recrutement du personnel administratif. En considérant cette personnalité comme un éducateur, selon un angle rarement adopté dans la recherche existante, ce travail se propose d’éclairer les fondations de son projet de réforme qui vise la transformation globale et profonde des lettrés-fonctionnaires par un programme d’étude révisé et une organisation institutionnelle renouvelée. Grâce à l’analyse de ses écrits de genres très variés, notre recherche révèle un Wang Anshi qui, poussé par une forte aspiration à la réalisation complète de soi, a repensé les aspects fondamentaux de l’acte du xue 學 (étude ou apprendre) : son sens, son idéal et les moyens concrets permettant son achèvement. Les thèmes majeurs de la pensée chinoise, tels le Sage, la Voie et sa vertu, acquièrent des dimensions nouvelles grâce à l’approche exégétique originale qu’il a adoptée, marquée par une vaste fusion d’éléments issus des traditions confucéenne et taoïste. À partir de ce renouvellement exégétique, le xue devient chez Wang un processus dynamique et intime qui implique un retour sur soi total. Nous montrons que cette dimension du xue est intégrée dans les Nouveaux commentaires (Xinyi) produits sous son égide et imposés comme curriculum d’étude commun, à l’échelle de l’empire. Ces Nouveaux commentaires véhiculent dans le même temps des principes de gouvernement fondamentaux nécessaires à la formation des fonctionnaires. Ces deux aspects, moral et social, de l’étude furent d’après Wang Anshi parfaitement intégrés dans le système éducatif de l’Antiquité, qu’il prend donc pour modèle. La reconstitution et la fabrique de ce modèle, fondées sur sa lecture des textes anciens tels le Traité des rites (Liji) et les Rites des Zhou (Zhouli), sont analysées en détail dans notre recherche. Autour de ces développements centraux, un travail de contextualisation important a été réalisé afin de mettre en lumière l’environnement dans lequel Wang a repensé le xue et sa réalisation sur le plan collectif par l’école. Un chapitre est consacré aux évolutions intervenues dans le domaine de l’éducation, des Printemps et Automnes (772-476 av. J.-C) jusqu’aux Tang (618-907), pour retracer à grands traits les idéaux du xue ayant émergé dans des conditions sociales et politiques différentes. Sont aussi mises en lumière les fonctions conférées successivement aux principales institutions éducatives de l’État. Nous montrons que ces traditions ont contribué à dessiner le paysage de l’éducation sous les Song du Nord (auquel est consacré un autre chapitre), qui étaient en même temps à l’origine des problèmes complexes que posaient les écoles officielles.
Jury:
M. Alain ARRAULT,Directeur d’études, École française d’Extrême-Orient (rapporteur)
M. Sébastien BILLIOUD,Professeur des universités en études chinoises, Université Paris Cité (examinateur)
Mme Anne CHENG, Professeur au Collège de France, Chaire d’Histoire intellectuelle de la Chine (examinatrice)
Mme Hilde DE WEERDT, Professor of Chinese and Early Modern Global History, KU Leuven (examinatrice)
M. Stéphane FEUILLAS,Professeur des Universités en études chinoises classiques, Université Paris Cité (directeur de thèse)
Mme Béatrice L’HARIDON, Maître de conférences-HDR en études chinoises, Université Paris Cité (examinatrice)
M. Frédéric WANG, Professeur des universités en études chinoises, INALCO (rapporteur)
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