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Rituel, modernité et politique au Tibet et dans les régions périphériques

publié le

Responsable : Katia Buffetrille (EPHE)

Membres titulaires : Françoise Pommaret (CNRS)
Membres associés : Amy Heller (chercheur indépendant), Mireille Helffer (retraité)
Post-doctorants : Nicola Schneider, Ian Zimmermann
Collaborateurs : Marie-Dominique Even (GSRL), Marie Lecomte-Tilouine (LAS), Samten Karmay (retraité)

Les participants de l’atelier Rituel, modernité et politique au Tibet et dans les régions périphériques questionnent le rituel dans le contexte de la modernité. Le sujet est abordé tant dans le champ du religieux que dans celui du politique et du social, ce qui autorise une plus grande diversité des participants et des éclairages, tout en permettant d’isoler, au-delà de cette diversité, les éléments communs.

Le but n’est pas de remettre en question l’un des postulats de la tradition sociologique qui oppose tradition et modernité, ce qui a déjà été entrepris dans d’autres aires culturelles [1]. L’approche théorique puisera bien entendu dans les travaux de nos prédécesseurs [2].

Nous cherchons à comprendre, dans les sociétés concernées, le contexte de la modernisation, ses processus et ses effets, et plus spécifiquement les mécanismes (objets, symboles ou mythes) qui donnent valeur aux rituels plutôt qu’à ses finalités, ainsi qu’à ses enjeux, qu’ils soient identitaires, religieux, idéologiques, etc.

La notion de légitimation est également abordée selon deux perspectives : l’une que nous pourrions qualifier d’interne et l’autre d’externe. Nous nous interrogeons sur ce qui légitime un rituel, lui donne sa valeur de rituel mais aussi sur ce que le rituel sert lui-même à légitimer.

À cet égard, une attention spéciale est portée à la question de l’instrumentalisation politique du religieux et, inversement, à l’instrumentalisation religieuse du politique. Elle se pose en effet avec une acuité particulière dans les pays sur lesquels porte notre étude. Ils ont connu au cours du dernier siècle d’importants bouleversements socio-politiques. Ils sont actuellement sous régime communiste ou se prétendant tel (Chine, Tibet), ont connu une expérience communiste dont ils sont sortis (Mongolie), ou encore connaissent un mouvement maoïste parvenu tout récemment au pouvoir (Népal).


[1E. Dianteill, D. Hervieu-Léger, I. Saint-Martin (éds), 2004, La modernité rituelle. Rites politiques et religieux des sociétés modernes, Paris, L’Harmattan, coll. « Religions en questions ».

[2Entre autres : C. Bell, 1992, Ritual theory. Ritual practice, Oxford University Press ; C. Bell, Ritual : Perspective and dimensions ; C. Bell, 1989, « Ritual, Change and changing Rituals », Worship 63, n°1, 31-41 ; Blondeau A.M. et K. Schipper, Essais sur le rituel, Colloque du centenaire de la section des sciences religieuses de l’EPHE. Bibliothèque des sciences religieuses, 3 volumes ; Caroline Humphrey, James Laidlaw, 1994, The Archetypal Actions of Ritual : A Theory of Ritual Illustrated by the Jain Rite of Worship. Clarendon Press, Oxford. 1994