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Histoire moderne des sociétés tibétaines

publié le , mis à jour le

Sceau du royaume de Gyalrong, 18e siècle

Responsables : (Membres titulaires) Charles Ramble (EPHE), Alice Travers (CNRS)

Membres associées : Fabienne Jagou (EFEO) et Françoise Robin (INALCO)
Collaborateurs : Christoph Cüppers (LIRI, Népal), Jeannine Bischoff (Bonn, Allemagne), Saul Mullard (Oxford, Post-doctorant ANR SHTS), Fernanda Pirie (Oxford, GB), Peter Schwieger (Bonn, Allemagne).

L’objectif est de mener des recherches sur l’histoire sociale des groupes sociaux et des différentes régions de l’aire culturelle tibétaine. Jusqu’en février 2015, le programme formera le noyau d’un projet bilatéral franco-allemand (ANR/ DFG) intitulé “Histoire sociale des sociétés tibétaines (XVIIe-XXe siècles)”. Le programme comprend également un autre projet, qui participe à cette analyse socio-historique des sociétés tibétaines, sur l’élaboration d’une mémoire collective.

1. Histoire sociale des sociétés tibétaines (XVIIe-XXe siècles) (projet ANR SHTS 2012-2015, responsable : Charles Ramble) http://tibetanhistory.net/

1.1 Recherches socio-historiques sur les frontières tibéto-népalaises

Charles Ramble continuera ses recherches actuelles sur les archives du Mustang, une enclave de culture tibétaine au Népal. Environ 3000 documents (du XVIIe au XXe siècle) seront translitérés, édités, indexés, partiellement traduits et rendus accessibles à la fois sous forme de livre et de ressource en ligne pour la communauté internationale. La recherche concernera plusieurs thèmes, entre autres les lois locales et la gouvernance, la société civile, la gestion des ressources, les impôts, la hiérarchie sociale, etc. Les documents fourniront les matériaux sources pour l’élaboration d’un lexique en ligne de termes administratifs et légaux.

1.2. Les relations Tibet-Qing, fin XVIIIe-fin XIXe siècles (Fabienne Jagou)

Fabienne Jagou consacrera ses recherches aux relations entre le Tibet et la Chine depuis la fin du XVIIIe siècle en s’appuyant sur des documents administratifs chinois et des documents en tibétain. Ces documents liés aux guerres entre le Tibet et le Népal de 1788 et 1791 et à leurs conséquences sont issus des représentants mandchous (les ambans) et de leur bureau à Lhasa. Ces sources fourniront un éclairage utile sur les réformes administratives, économiques et sociales introduites au Tibet par les Mandchous dans le sillage de ces guerres et sur les questions de la communication et de la traduction entre les langues administratives tibétaine et chinoise.

1.3. Composition, continuité et renouvellement des élites aux XIXe-XXe siècles (Alice Travers)

À partir des témoignages biographiques et autobiographiques de la collection Matériaux sources pour l’histoire du Tibet (Bod kyi rig gnas lo rgyus dpyad gzhi’i rgyu cha bdams bsgrigs, en 27 volumes), d’archives britanniques, d’interviews et de documents publiés en exil, Alice Travers étudiera l’évolution de la composition des élites tibétaines—traditionnelles, laïques et religieuses— et émergentes—lettrées et marchandes principalement— et leurs relations.

2. Histoire et mémoire : usages du passé et élaboration d’une mémoire collective au XXe siècle (Alice Travers et Françoise Robin)

Alice Travers examinera la façon dont l’histoire tibétaine de la première moitié du XXe siècle s’écrit, au Tibet chinois et en exil, avec une réflexion sur l’élaboration d’une mémoire collective et son « encadrement » par les autorités politiques. Les données issues de l’étude de la collection des Matériaux sources pour l’histoire du Tibet seront mises en perspective avec d’autres sources (orales, matériaux biographiques publiés en exil, archives tibétaines et britanniques). Deux éléments en particulier seront examines : le rôle de l’évènement dans la mémoire et le concept de génération.

Françoise Robin comparera les deux plus longs romans tibétains publiés au Tibet à ce jour (Phal pa’i khyim tshang gi skyid sdug de Bkra shis dpal ldan, 1992 et Lhing ’jags kyi rtswa thang de Stag ’bum rgyal, 1995). Tous deux couvrent en détail l’histoire du “nouveau” Tibet chinois, au travers des destinés croisées de familles et communautés paysannes et agro-pastorales. Elle s’intéressera plus particulièrement à la manière dont la mémoire de la période maoïste est traitée sur les plans littéraire et stylistique et au travers du prisme de l’intime et du familial, par opposition au grand récit officiel d’Etat. Elle réfléchira à ce que le roman peut apporter comme éclairage sur cette période dans un contexte de tutelle stricte de la parole artistique et du discours historique.