CNRS

Rechercher




Accueil > Fiches Programmes > Programmes Japon

Savoirs et techniques du Japon médiéval et pré-moderne

publié le

Responsables : Nicolas Fiévé (EPHE) et Annick Horiuchi (UPD)

Membres titulaires : Claire-Akiko Brisset (UPD), Matthias Hayek (UPD), Charlotte von Verschuer (EPHE)
Membres associés : Christophe Marquet (Maison Franco-Japonaise, Inalco)
Post-doctorants : Emmanuel Mares ; Yumiko Takagi ; Guillaume Hurpeau

Ce projet s’inscrit dans le prolongement du programme « Traduction du Nihon sankai meisan zue (Compendium illustré des produits des monts et des mers du Japon ; 1799) » ou encore du programme Glossaire quadrilingue des techniques agricoles qui ont permis de découvrir la richesse et la sophistication des techniques mises au service de la production et des notions qui permettaient d’en rendre compte. Le présent programme se propose d’élargir le champ des savoirs et des techniques étudiés en tirant profit des compétences des chercheurs réunis au CRCAO. On s’intéressera notamment aux savoirs qui se sont développés dans des milieux spécifiques, donnant lieu à des transmissions secrètes de maître à disciple, que l’on étudiera à travers des ouvrages imprimés ou non, donnant à voir l’étendue et l’organisation du savoir.
Les compétences des participants s’étendent aux domaines suivants : techniques agricoles, architecture, arts du jardin, arts de la table, peinture, calligraphie, techniques de divination, mathématiques, astronomie calendaire, médecine. Les participants se proposent d’aborder la question en diversifiant et en croisant les approches disciplinaires, en accordant une importance centrale aux langues techniques, en éclairant la réalité des pratiques par des recherches sur le terrain, et en menant une réflexion collective sur la place des techniques dans la culture et l’économie japonaises à l’époque médiévale et à l’époque moderne.
Pour aborder ce champ très vaste, la méthode préconisée consistera à étudier de près un ensemble de textes ou d’ouvrages, connus pour leur large diffusion ou leur rôle fondateur. On exploitera notamment les ouvrages d’initiation ou de synthèse, offrant un exposé détaillé des techniques. On se fixera comme but la traduction intégrale de ces textes ou d’extraits, traductions qui seront mises à la disposition des chercheurs et du public intéressé sous format électronique et papier. Le travail de traduction comportera deux volets : un volet médiéval et un volet pré-moderne. Le travail sera mené par des sous-équipes, composées de chercheurs et de doctorants. Mais l’intérêt du programme réside dans la mise en commun des connaissances, l’uniformisation des modalités de traduction et la constitution d’un répertoire de termes techniques.
Ces séances de traduction offriront l’occasion de réfléchir sur des notions telles que l’art, la procédure (jutsu), la technique, le transfert des savoirs, l’innovation, le génie, la recherche, l’optimisation, l’efficacité, … dans le contexte asiatique. On prêtera également une attention particulière aux modalités de transmission des connaissances, aux filiations des textes fondateurs, à la diffusion des savoirs avec l’apparition du livre imprimé, mais aussi à l’organisation matérielle des ouvrages (préfaces, index, illustrations, diagrammes, tables, taille et format) ainsi qu’au vocabulaire spécifique utilisé dans les domaines considérés. Le vocabulaire d’origine chinoise sera approfondi au travers de collaborations avec des spécialistes de la Chine. Des comparaisons et des rapprochements pourront être faits entre des procédures et des terminologies relevant de domaines différents.
Seront étudiés les textes et ouvrages suivants :
1. textes consacrés à l’alimentation du Sezoku ritsuyôshû (Recueil sur les choses profanes ; XIIIe et XVIIIe siècles) du moine Shôgen et au thé du Nôgyô zensho (Œuvres complètes sur l’agriculture ; 1697) de Miyazaki Yasusada (resp. : C. von Verschuer)
2. Le Baika shin.eki shôchû shinan (Les Mutations en esprit de la fleur de prunier au creux de la main ; 1697) de Baba Nobutake et les chapitres consacrés à l’astronomie, au calendrier et à la divination du Wakan sansai zue (Les Trois puissances illustrées : Chine et Japon ; 1713) (resp. : M. Hayek)
3. Yakaku teikinshô (Recueil des traditions familiales [sur l’art d’écrire de l’école Sesonji] à l’intention de mon enfant bien aimée), le plus ancien traité théorique sur la calligraphie conservé, rédigé par Fujiwara no Koreyuki (fin XIIe s.) (resp. C.-A. Brisset) ;
4. chapitres consacrés à l’ornementation des pièces de réception et à l’art du thé dans le Kundaikan sôchôki (Notes en deux parties sur les œuvres de la demeure princière, copie de 1559) de Nôami et Sôami (resp. : N. Fiévé)
5. Gasen (La nasse à peinture ; 1721), premier traité de peinture imprimé, de Hayashi Moriatsu (resp. C. Marquet)
6. Le Jinkôki (Le traité inaltérable ; 1627) de Yoshida Mitsuyoshi l’un des premiers manuels imprimés d’arithmétique du boulier (resp. A. Horiuchi)