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Les Mémoires sur les rites (Liji 禮記) écriture et réécriture d’un Classique sous la dynastie Han

publié le , mis à jour le

Responsables : Stéphane Feuillas (UPD) et Marc Kalinowski (EPHE)

Membres titulaires : Béatrice L’Haridon (UPD), Alain Thote (EPHE).
Membres associés : Marianne Bujard (EFEO), Romain Graziani (ENS Lyon), Pénélope Riboud (INALCO, Centre Chine).
Doctorants : Julie Gary (doctorante, ENS Lyon)
Intervenants extérieurs : Gilles Boileau (Taiwan), Jean Levi (CNRS), Anne Cheng (Collège de France).
Collaborateurs : Lee Chi-hsiang (Université Foguang, Taiwan), Michael Nylan (Institute of ASian Studies, Berleley), Michael Puett (East Asian Languages and Civilizations, Harvard University).

Ce programme pour lequel une demande d’ANR « Études classiques » va être faite se propose d’inaugurer un travail d’ensemble sur les Cinq Classiques confucéens, œuvres cardinales de la pensée et de la culture chinoise que la sinologie occidentale n’a guère pris pour objet d’études depuis les traductions déjà anciennes en français de Séraphin Couvreur et de James Legge à la fin du XIXe siècle. Le Liji 禮記, (« Mémoires sur les rites »), s’est imposé d’emblée comme premier objet de notre travail dans la mesure où l’ouvrage, reconstruit sous la dynastie des Han (206 av. -220 apr. J.-C.), n’a pas majoritairement été lu en tenant compte des gloses des commentateurs de cette dynastie et en particulier de Zheng Xuan (127-200). D’autre part, au sein du laboratoire CRCAO, nombreuses sont les compétences (techniques, philosophiques, musicales, calendaires, archéologiques et ritualistes) pouvant être mobilisées pour l’étude d’une telle œuvre. Une lecture plus étroitement articulée sur le savoir des Han permettrait de mettre en évidence dans ce Classique les apports de la recherche plus récente et de rendre compte de la diversité des savoirs abordés qui permettent de rapprocher l’ouvrage d’une « encyclopédie ».

À cause ou grâce à la disparition des Classiques sur les rites et sur la musique pendant la dynastie précédente, « Les Mémoires sur les rites » offrent la possibilité d’étudier comment est « réécrit » un classique et de s’interroger sur les processus et les besoins mêmes de la canonisation à la fin du premier siècle des Han. L’ouvrage présente en effet de nombreuses différences avec le rituel tel que nous le savons pratiqué entre le début et le milieu de la dynastie des Zhou (env. 1050-256 av. J.-C.) ; il répond aussi à un besoin très net d’adapter des pratiques rituelles d’abord destinées à l’aristocratie pour les mettre à la portée du peuple. Il se donne à lire surtout comme une suite de textes où les prescriptions rituelles voisinent avec des réflexions plus largement philosophiques et théoriques, où une « fragmentation » du savoir rituel dans des exercices très concrets est contrebalancée par des tentatives de systématisation.
Plusieurs questions seront abordées dans cette première étude : éléments de datation des textes ; la composition de l’ouvrage mettant en lumière le savoir relativement « ouvert » présenté et dont témoignent d’apparentes contradictions dans les prescriptions éthiques et rituelles ; le partage avec les deux autres compendia rituels (le Cérémonial [Yili 儀禮] et le Rituel de la dynastie des Zhou [Zhouli 周禮]) sera l’occasion de s’interroger sur sa spécificité d’une part ainsi que sur les raisons d’une systématisation du savoir rituel en une œuvre unique (milieux d’écriture, variations locales et régionales, traditions confucéennes multiples) ; les découvertes archéologiques, par ailleurs, permettent de mesurer le hiatus entre le canon ritualiste défini dans l’ouvrage et la pratique des Han.

Actions prévues :
Ces différentes thématiques se concrétiseront dans quatre journées d’études ouvrant sur un colloque international articulant pratiques réelles du ritualisme et modèles définis dans le Liji, composition de l’ouvrage et architecture du savoir au début de la dynastie des Han, canonisation et légitimation politique.
Parallèlement une telle étude sera doublée de séances de travail mensuelles dans lesquelles les intervenants pressentis exposeront à la fois les problèmes spécifiques de traduction relatifs à un chapitre particulier et les différences entre le savoir technique effectif et la modélisation que le Liji propose. Ce second volet donnera lieu à une nouvelle traduction complète qui sera publiée en édition bilingue aux Belles Lettres (Bibliothèque chinoise).
Séminaire de décembre 2013 à février 2014 organisé par Anne Cheng, Marc Kalinowski et Stéphane Feuillas : « lecture de textes du ‘Tan Gong’ : Confucius en maître de rituel » Collège de France, les jeudis de 15h à 16h30. Participation de vingt auditeurs environ (étudiants de M2, doctorants, participants extérieurs, chercheurs.