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Hommes et environnement dans la vallée de la rivière Dongliao (Chine du Nord-Est)

par Pons Philippe - publié le , mis à jour le

Responsables : Pauline Sebillaud et JING Zhongwei (Directeur de recherche, Centre de recherche sur l’archéologie des frontières chinoises de l’Université du Jilin)

Participants :

Membres titulaires

Pauline Sebillaud, Alain Thote

Membres associés

Joël Suire (ArScan Ethnologie préhistorique, UMR 7041), Xavier Peixoto (INRAP), Stéphane Frère (Archéozoologie et archéobotanique, UMR 7209), Sylvie Coubray (Archéozoologie et archéobotanique, UMR 7209), Michel Rasse (Environnements et sociétés de l’Orient ancien, UMR 5133), Pauline Duval (CRCAO, doctorante)

Collaborateurs étrangers

Thibaut Devièse (Laboratoire de recherche sur l’archéologie et l’histoire de l’art, Université d’Oxford), Elizabeth Berger (Centre d’étude sur la Chine au Centre Lieberthal-Rogel de l’Université du Michigan)
Sakikawa Takashi (Université du Jilin), Shi Anchang (Musée du Palais), Wang Lixin (Centre de recherches sur l’archéologie des frontières, Université du Jilin), Jing Zhongwei (Centre de recherches sur l’archéologie des frontières, Université du Jilin), Tang Zhuowei (Centre de recherches sur l’archéologie des frontières, Université du Jilin), Lin Sen (Centre de recherches sur l’archéologie des frontières, Université du Jilin), Li Penghui (Centre de recherches sur l’archéologie des frontières, Université du Jilin), Chen Xiaofei (Centre de recherches sur l’archéologie des frontières, Université du Jilin), Wang Zhigang (Institut de recherches archéologiques de la province du Jilin), Liu Xiaoxi (Institut de recherches archéologiques de la province du Jilin)

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La Mission archéologique franco-chinoise dans le Nord-Est de la Chine (MAFNEC) est composée de rechercheurs confirmés, de jeunes archéologues et de doctorants, issus de différentes équipes du CNRS (CRCAO, Archéorient, ArScan, MNHN) et de l’INRAP. Ce projet a pour objectif l’étude multidisciplinare de plusieurs sites dans la vallée de la rivière Dongliao. Il s’inscrit au sein de recherches sur l’archéologie des milieux marginaux. La province du Jilin est au centre de l’Asie du nord-est, c’est une des zones d’apparition des plus anciens contenants en céramique du monde et de processus complexes de Néolitisation : absence d’agriculture et de domestication, habitat saisonnier, économie basée sur la pêche et la chasse, etc. Le développement des techniques et adaptations néolithiques, comme les débuts relativement tardifs de l’agriculture et la progression de la domestication dans le Nord-est de la Chine, sont des questions qui attire aujourd’hui l’attention de spécialistes du monde entier. Le développement soudain de l’habitat sédentaire au Moyen-âge posent aussi de nombreuses questions. Les relations entre les hommes et l’environnement restent à étudier dans cette région.
La région étudiée est celle du cours moyen de la rivière Dongliao, immédiatement à l’est de la région du confluent des rivières Xiliao et Dongliao. Il s’agit d’un carrefour environnemental et culturel entre trois régions (les monts Dahei à l’est, le désert du Ke’erqin à l’ouest et la plaine de Changchun au nord), trois provinces (Jilin, Mongolie intérieure et Liaoning), et de nombreuses cultures archéologiques. Cette région de terres noires sableuses (phénozèmes) est le lieu d’importants processus d’érosion qui sont accélérés par les pratiques récentes de déboisement et d’agriculture intensive.
Le sud-ouest de la province du Jilin est un carrefour culturel qui reste encore mal connu, et une étude approfondie ne peut être menée que main dans la main avec des scientifiques internationaux. La question principale qui sera étudiée est celle des processus de Néolithisation et les dynamiques de la transition entre le Néolithique et l’Âge du bronze. La formation du paysage n’est que très rarement abordée en Chine et constituera un axe important de l’étude du site, lieu particulièrement intéressant au sein d’un ensemble de paléoméandres ayant beaucoup influencé les formes du paysage et les disponibilités des ressources aux périodes anciennes. La connaissance de la provenance des matériaux et des échanges à courte et longue distance sera un point important de la réflexion d’ensemble. L’évolution des modes d’habitat (nomadisme, saisonnalité, sédentarité) et des modes économiques constituera le centre des interrogations pluridisciplinaires de la mission.
Concrètement, l’équipe franco-chinoise sera construite de la manière la plus symétrique possible : chaque spécialiste français travaillera en binome avec son homologue chinois qui sera son collaborateur privilégié en plus des réunions d’équipe. Ces binômes de chercheurs échangeront les données bibliographiques ayant trait à leur domaine, élaboreront ensemble les protocoles d’analyses les plus adaptés aux découvertes qu’ils supervisent, formeront ensemble les autres membres de l’équipe et les élèves, et rédigeront les publications. En plus des liens qui se créront au cours du chantier et des visites des différents membres de la mission en France et en Chine, le but est de créer des relations privilégiées sur le long terme entre des spécialistes d’un même domaine.