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Yoko MIZUMA

by Lemardelé Élise - published on

Présentation générale :
En France, au tournant du XXe siècle, l’influence du « Japonisme » s’est fait sentir dans la plupart des domaines artistiques, dont l’art de l’aménagement des jardins. Inspiré par cette culture venue de l’Extrême-Orient, certains paysagistes et jardiniers tentèrent alors de réaliser des jardins japonais, suite aux commandes que leur faisaient de riches propriétaires.

À la même époque, au Japon, se produisait un phénomène similaire au Japonisme français, mais en quelque sorte « inversé », ce que l’on a nommé l’« Occidentalisme ». L’essentiel des domaines du savoir et des arts subissaient alors l’emprise de l’Occident, et l’art des jardins et le paysagisme furent également concernés. Les styles ont évolué sous l’influence des pratiques occidentales, et certains parcs et jardins réalisés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle montrent ce que l’on pourrait appeler une conception formelle hybride, à la fois occidentale et japonaise. Parmi de nombreux exemples, le jardin impérial Shinjuku gyoen (réalisé en 1906), à Tôkyô, est d’une conception nettement influencée par l’école française du paysage du Second Empire, et plus précisément par les théories paysagères d’Edouard André, L’art des jardins, Traite général de la composition des parcs et jardins, publié en 1879.

En cette fin de siècle, les paysagistes et jardiniers faisaient des efforts pour apprendre un art de jardin nouveau venu de l’étranger. Du côté japonais, les paysagistes enrichissaient leurs connaissances sur les jardins français à l’aide de traités importés, dont celui d’Edouard André. Malgré ces investigations, il n’était pas facile pour ces hommes de s’imprégner et de comprendre les traditions horticoles de l’Europe, ce que montre clairement l’étude de projets publiés dans revues horticoles de l’époque. Du côté français, les paysagistes enrichissaient leurs connaissances sur les jardins japonais grâce à divers ouvrages illustrés nouvellement introduites en Europe. Selon les sources, Edouard André, alors qu’il dessinait le jardin japonais « Midori no Sato », ne s’est revendiqué nulle part en tant que son concepteur, ce qui suggère sans doute une sorte de réserve vis-à-vis d’un art des jardins qu’en tout état de cause il ne pouvait pas maîtriser.

Parmi un ensemble de difficultés rencontrées par les paysagistes des deux pays pour comprendre l’altérité de pratiques horticoles lointaines, la complexité de l’aménagement d’un jardin d’un style étranger était en particulier liée à quatre points clé, qui sont des enjeux majeurs de la conception d’un parc paysager : 1) le rapport au terrain, 2) l’espace de l’entre-deux, 3) l’art de la perspective, 4) la mise en harmonie. La recherche postdoctorale que je propose de mener met en exergue ces quatre points.