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Des savants et du savoir en Chine classique

publié le , mis à jour le

17 octobre 2017

Séminaire doctoral



JONATHAN LESAIN : Construction d’une pensée au cours du Moyen-Âge chinois : Zhang Zhan 张湛
(ca. 327-397) et la visée de son commentaire du Liezi 列子
La vaste période du Moyen-Âge chinois, qui s’étend de la fin de la dynastie des Han Orientaux 東漢 (25-220 EC) jusqu’à l’empire des Sui 隨 (589-618 EC) et des Tang 唐 (618-907 EC), est définie par Jacques Gernet comme « l’une des plus riches et des plus complexes de l’histoire intellectuelle du monde chinois. Étonnamment féconde, elle abonde en nouveautés. » La naissance et le déploiement du Xuanxue 玄學, ou « l’Étude des Arcanes », par une relecture des œuvres philosophiques pré-impériales, ainsi que l’essor et l’influence exercés par le bouddhisme sur les problématiques sociales sont autant les fruits de cette période que des courants ayant agi sur les créations et les réflexions des auteurs de l’époque. Dès la seconde moitié du IV e siècle, la région du Xia Jiang 下江 ou « bas Yang zi » devient, par ailleurs, un véritable laboratoire des lettres, des arts et des pensées.
C’est dans ce contexte historique et géographique que Zhang Zhan 張湛 (ca. 327-397 EC), homme de savoir à la carrière politique tardive, soumet une version compilée et commentée du Liezi 列子, poursuivant de la sorte la voie de ses prédécesseurs à l’égard d’autres œuvres classiques de la pensée chinoise pré-impériale. Éditée au cours de la seconde moitié de la dynastie des Jin Orientaux 東晉 (317-420 EC), sa version du Liezi est, à l’instar du Zhuangzi 莊子 de Guo Xiang 郭象 (ca. 252-312 EC), l’unique variante à s’être pérennisée au cours des siècles et à avoir été canonisée sous le titre de Chong xu zhen jing 沖虛真經, ou « Authentique classique du parfait Néant ». Elle s’avère donc la seule référence à être étudiée en l’absence de sources plus anciennes. De ce fait, Zhang Zhan occupe un rôle ambivalent à l’égard du Liezi : il est autant celui qui en a permis la transmission que celui qui en a altéré le contenu. Les nombreux passages du Liezi également présents dans le Zhuangzi, les extraits inspirés par des sources textuelles bouddhiques, ainsi qu’un commentaire qui parfois dispense un raisonnement discutable, sont autant d’éléments qui amoindrissent l’importance de Zhang Zhan dans l’histoire intellectuelle du Moyen- Âge. Faisant usage en de nombreuses occasions des réflexions de ses prédécesseurs, citant en plusieurs endroits des ouvrages qui sont aujourd’hui entièrement ou partiellement perdus, le commentaire de Zhang Zhan, en dépit de ses manipulations et de ses erreurs, demeure une mine de renseignements concernant les idées, les réflexions et les textes en circulation à son époque. Ses écrits contribuent à nous éclairer davantage sur la complexité des courants intellectuels médiévaux ainsi que sur la construction particulièrement mouvante et éclectique des pensées au cours de cette période.
Mon travail de thèse consiste à déterminer dans quelle mesure le travail de Zhang Zhan a participé à favoriser une régénération de l’orthodoxie. Ce dernier s’inscrit non seulement dans une tradition commentariale dont il reprend le vocabulaire, les usages et les finalités, mais répond également à des problématiques nouvelles inhérentes à l’essor du bouddhisme.

VALENTIN PHILIPPON : Les biographies de médecins dans les vingt-six histoires officielles de Chine : peut-on identifier les contours d’un genre ?
Cette présentation est basée sur un chapitre issu de la deuxième partie de ma thèse intitulée “La médecine dans l’historiographie chinoise : les biographies de médecins et anecdotes médicales contenues dans les Vingt-six Histoires (Ershiliu shi 二十六史)”. La question du genre biographique dans les histoires dynastique officielles a été largement étudiée et débattue, et plusieurs travaux ont pu identifier de manière assez claire un genre-type pour ces biographies. Cependant, les chapitres dédiés aux arts et techniques au sein desquels figurent la majorité des biographies de médecins de notre corpus présentent eux-mêmes des particularités qui les distinguent de ce genre-type, et nous verrons que pour ce qui est des médecins, il est possible d’identifier non pas un mais plusieurs genres, qui seront illustrés par des exemples.

MAISON DE L’ASIE

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